11.03.2007

La langue berbère sort du ghetto

Jamila Hassoune, libraire à Marrakech, cette passionnée de lecture veut partager sa passion du livre avec le plus grand nombre. Présidente de l’association du Club du livre et de lecture de Marrakech et libraire active (la librairie Hassoune), elle est l’initiatrice de « La caravane civique », concept original de caravaning instructif et de nomadisme civique qui consiste faire parvenir le livre et l’instruction à tous ceux qui en sont privés, notamment les couches défavorisées des milieux ruraux.

UN ACTE MILITANT

Ces rencontres interviennent dans un pays où promouvoir le livre relève souvent de l'acte militant. Contrairement à l'Algérie et à la Tunisie, le Maroc ne s'est pas encore donné les moyens de scolariser toute sa population ni d'enrayer l'analphabétisme. Jamila Hassoune, une jeune femme qui dirige l'une des deux vraies librairies de Marrakech, travaille avec des associations pour organiser des lectures et des séances de contes. Dans un rayon de 100 kilomètres autour de Marrakech, elle apporte des livres aux élèves des villages et y fait venir des auteurs.

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La langue berbère sort du ghetto

Et ça, qu'est-ce que c'est ?" demande l'instituteur Malki Abderrahmane en montrant à ses élèves de cours préparatoire un hiéroglyphe écrit à la craie rose sur le mur. "L'homme libre !" s'exclame cette classe d'enfants de 6 ans.

La lettre "yaz", en forme de joyeux être humain, symbolise le peuple amazigh ["homme libre", nom que se donnent les Berbères]. C'est l'une des 39 lettres du tifinagh, l'écriture berbère, que tous les enfants marocains vont devoir apprendre dès 2008 - en plus de l'arabe classique et du français.

"Le tamazight est notre langue maternelle", explique Amina Ibnou-Cheikh Raha, directrice du Monde amazigh, journal consacré aux questions culturelles imazighen (berbères). "C'est la première langue qui ait été parlée au Maroc. Ce qui est anormal, c'est qu'elle n'ait jamais été enseignée."

Les Berbères - nom donné aux Imazighen du fait qu'ils étaient perçus comme des "barbares", réfractaires (dans un premier temps) à l'islam - habitent l'Afrique du Nord depuis 7 000 av. J.-C. Saint Augustin et saint Thomas d'Aquin sont eux-mêmes issus de ce peuple, qui a réussi à préserver sa langue malgré les conquêtes arabe, romaine et française.

"Grâce à nos mères et à nos grands-mères, le tamazight [terme désignant toutes les langues des Imazighen] a survécu", commente Lahcen Ouberka, professeur de lycée à Marrakech. Les berbérophones représentent 40 % de la population du Maroc, 20 % de celle de l'Algérie et 1 % de celle de la Tunisie. Cette année, le ministère de l'Education marocain et l'Institut royal de la culture amazigh (IRCAM) ont inscrit cette langue vieille de neuf mille ans au programme de quelque 300 écoles primaires dans tout le Maroc.

"C'est très important de l'apprendre à l'école, comme ça on pourra parler avec nos frères du Nord et du Sud", explique, enthousiaste, Zineb Sakale, une élève de cours préparatoire.

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Certains éducateurs marocains espèrent également que l'emploi de cette langue dans l'enseignement réduira le taux d'échec scolaire des Imazighen.

"De nombreux élèves imazighen finissent par abandonner le système scolaire, et c'est en partie dû au fait qu'ils n'étudient pas leur propre langue", assure Fatima Agnaou, chercheuse à l'IRCAM.

En 1967, des étudiants de l'université du Maroc mettaient sur pied la première association amazigh d'Afrique du Nord, l'Association marocaine de recherche et d'échanges culturels. Depuis lors, de nouvelles associations se sont créées, réclamant l'enseignement du berbère dans les écoles marocaines.

Finalement, en 1994, feu le roi Hassan II annonçait l'introduction du tamazight dans les écoles primaires marocaines, mais le ministère de l'Education ne prit aucune mesure avant l'an 2000.
Certains craignent que cette initiative n'échoue en raison de la décision du gouvernement de commencer à enseigner trois dialectes tamazight différents, introduisant progressivement le tamazight standard sur une dizaine d'années. A en croire certains, le gouvernement redouterait une trop grande unité des Imazighen.
Il existe bien sûr des pays qui mélangent sans problème les langues dans l'enseignement public.

"En Suisse", note Mounia Khaji, directrice du centre culturel Tarik Ibn Zyad, "l'Etat reconnaît quatre langues officielles. Il n'y a pas de divisions ethniques en Suisse. Ces langues sont enseignées depuis l'école primaire jusqu'à l'université, et la société vit en harmonie.

" Pourtant, il est des pays où l'enseignement des langues autochtones ne va pas de soi. Dans l'Algérie voisine, par exemple, les Imazighen ont subi une répression systématique après l'indépendance. Il était même illégal de donner un prénom berbère à un enfant. Une telle répression culturelle a déclenché de violentes réactions.
Le roi du Maroc, dont la mère est berbère, mène une politique d'intégration prudente. "Nous n'aurons sans doute pas les mêmes problèmes que ceux qu'a connus l'Algérie", soutient la militante Jamila Hassoune. L'emploi du tifinagh, estime-t-elle, est "une richesse culturelle, qui, loin de diviser le Maroc, l'unit."

Sources: PN et Kent Davis-Packard

Librairie Papeterie Hassoune
Adresse : 4 Merstane 4 Amerchich
Tél. : 024 31 36 48

13.07.2006

Le WWF lance son premier fonds d’investissement

Le WWF lance son premier fonds d’investissement socialement responsable pour soutenir ses actions
Dans le but de développer ses missions de conservation et de faire évoluer les pratiques environnementales des entreprises, le WWF a créé le Living Planet Fund, un fond d’investissement composé d’actions de groupes internationaux.


Le Living Planet Fund, Fonds Commun de Placement de droit luxembourgeois est officiellement lancé aujourd’hui sur le marché français, après avoir obtenu l’agrément de l’AMF (Autorité des marchés financiers).

Déjà commercialisé en Allemagne, en Suisse et au Luxembourg, il est composé dans un premier temps, d’un compartiment unique en actions internationales, et sera ensuite complété par des compartiments obligations, ou des sous-fonds spécialisés en eau, énergie ou climat.

Le portefeuille du Living Planet Fund est investi conformément aux principes de respect de l’environnement du WWF International, selon quatre séries d’indicateurs concernant la politique environnementale, les processus de production, le comportement social et le respect de normes externes certifiées. Seules les sociétés internationales ayant adopté une approche proactive à l’égard des problèmes environnementaux et sociaux et qui sont chefs de file dans leur secteur industriel pourront faire partie du fonds. Ces entreprises offrent des performances environnementales, sociales et économiques supérieures à la moyenne, mais aussi un potentiel de croissance intéressant.

Le WWF exclut formellement du portefeuille toutes les sociétés ayant plus de 10% de leur activité dans l’armement, le tabac, l’alcool, les jeux ou le nucléaire.

Le WWF développe six missions prioritaires - eau douce, espèces, océans et côtes, forêts, changements climatiques et outremer - sans oublier de multiples actions transversales. Conscient que la protection de la biodiversité ne peut être efficace qu’assortie d’une modification des comportements de consommation pour adopter des modes de vie durables, le WWF-France mène des campagnes de sensibilisation aussi bien auprès du grand public que des entreprises, des industriels, des politiques ou des collectivités pour les encourager à changer leurs habitudes.

Grâce au Living Planet Fund, le WWF pourra offrir à ses membres et aux investisseurs un placement financier influençant la bonne gestion environnementale des grands groupes ; plus l’encours du Living Planet Fund grossira, plus son impact sur le monde de la finance s’accroîtra.

Sources: WWF